La sédentarité est souvent associée aux modes de vie et de travail contemporains dans les pays riches. En effet, si les nouvelles technologies de l’information et de la communication facilitent de nombreuses tâches, elles contribuent aussi à un mode de vie de plus en plus sédentaire. Les adultes passent en moyenne 12 heures par jour assis les jours travaillés, et 9 heures par jour assis les jours non travaillés. Cette réalité soulève des préoccupations majeures quant aux effets néfastes sur la santé des travailleurs, mais aussi sur la productivité au travail.
Qu’est-ce que la sédentarité au travail ?

La sédentarité se caractérise par le fait de rester assis ou allongé (hors temps de sommeil) sans bouger. Deux facteurs sont à prendre en compte pour évaluer l’impact sur la santé des postures sédentaires :
- Le caractère ininterrompu.
- La durée cumulée journalière.
ATTENTION !
Ne pas confondre « sédentarité » et « inactivité physique » ! En effet : on peut être actif physiquement et sédentaire ; et inversement. Pour rester en bonne santé et optimiser ses performances physiques et intellectuelles, il faut ne pas être trop sédentaire et faire un minimum d’activité physique (plus de 2h30 d’activité physique modérée par semaine pour un adulte en bonne santé d’après l’OMS et l’ANSES).
La lutte contre l’inactivité physique relève plutôt de l’hygiène de vie personnelle hors temps de travail (sport, tâches ménagères, jardinage, etc…).
La lutte contre la sédentarité des travailleurs passe par des actions sur le lieu de travail (même si après le temps de travail, on peut aussi être sédentaire devant la télévision ou dans son club de belote …).
Le défi de la sédentarité dans le cadre professionnel
Des études révèlent que la sédentarité au travail a des répercussions significatives sur la santé physique et mentale des employés. Être assis pendant des périodes prolongées et ininterrompues comporte des risques importants pour la santé, difficilement compensables par la pratique d’activité physique déportée (le soir, le week-end).
Les emplois de bureau, souvent caractérisés par de longues heures passées devant un écran, peuvent entraîner des problèmes tels que l’obésité, le diabète de type 2, les troubles musculosquelettiques, les maladies cardiovasculaires et même certaines formes de cancer.
En outre, la sédentarité est également liée à des problèmes de santé mentale, notamment le stress, l’anxiété et la dépression. D’après Santé publique France (santepubliquefrance.fr) « ces pathologies ont un impact dévastateur sur le bien-être global des individus et par voie de conséquence sur leur efficacité au travail. Ces risques sont accentués par une faible pratique d’activité physique et atténués par des temps élevés quotidiens d’activité physique d’intensité au moins modérée. »
Répercussions et risques de la sédentarité sur la santé

Selon Santé publique France (santepubliquefrance.fr) toujours, « les interruptions fréquentes du temps passé assis ont un effet bénéfique sur la santé. Les professionnels travaillant dans un bureau sont particulièrement concernés par une sédentarité élevée. Celle-ci peut être accrue dans le cadre du télétravail qui s’est largement développé ces dernières années. La mise en place d’interventions visant à réduire et interrompre la sédentarité dans le cadre du travail de bureau est une nécessité de santé publique ».
Le besoin d’actions préventives
- Promouvoir les pauses actives : il est essentiel d’inciter les travailleurs à faire des pauses régulières (idéalement 5 mn toutes les 30 mn ou 10 mn toutes les heures) pour bouger.
- Des exercices simples comme se lever, s’étirer, marcher ou faire quelques squats peuvent contribuer à rompre la sédentarité.
- La contribution volontaire à des activités dynamiques très courtes utiles au collectif de travail (tri des déchets, compostage, contribution à l’entretien des espaces verts, etc.).
- L’employeur peut aussi aménager un espace de pause dynamique avec des équipements sportifs basiques (espalier, barres de traction, table de ping-pong, vélo elliptique, rameur, …).
- Promouvoir les changements de posture : alterner des tâches nécessitant des postures différentes (temps de travail sur ordinateur suivi d’un échange téléphonique debout ou en marchant par exemple). Pour les travailleurs assis, on pourra avoir recours à :
- des réunions en marchant,
- des échanges téléphoniques debout ou en marchant,
- la possibilité de marcher après avoir coupé sa caméra pendant un webinaire,
- l’installation de mobilier actif (cette mesure est la plus efficace pour réduire le temps passé assis et/ou sédentaire) : sièges ergonomiques, bureaux réglables en hauteur pour travailler debout, swiss ball pour adopter une posture assise dynamique, tapis roulants sous les bureaux, ergocycle… Ces dispositifs permettent aux travailleurs de bouger et de varier leur posture tout au long de la journée. Ainsi, en administration centrale de notre pôle ministériel, du matériel (bureaux de marche, pédalier, swiss-ball) est mis à la disposition des agents pour leur permettre de « travailler en mouvement ».
3. Sensibiliser et éduquer : Informer les agents sur les risques de la sédentarité et les avantages d’une activité physique régulière peut les motiver à adopter de meilleures habitudes.
EN CONCLUSION…
Il est essentiel de souligner que la promotion des modes de vie actifs au travail ne se limite pas seulement à la préservation de la santé des travailleurs. Des recherches démontrent une corrélation positive entre l’activité physique et la productivité au travail.