On oublie trop souvent que la plupart des salariés ont droit, s’ils le demandent, à un acompte sur salaire. Mieux vaut donc maîtriser ses règles de paiement et de compensation.

L’acompte, le paiement anticipé d’un travail effectué

Verser un acompte sur salaire, c’est verser le salaire d’un travail déjà effectué avant son échéance normale (ex. : versement le 15 septembre 2026 du salaire des 15 premiers jours de ce mois, alors que l’échéance normale est la fin du mois).

L’acompte ne doit pas être confondu avec l’avance sur salaire, qui consiste à verser une somme correspondant à un travail non encore effectué.

Pour quels salariés ?

Salariés concernés

L’employeur doit verser un acompte mensuel :

  • aux salariés mensualisés qui le demandent, pour un montant correspondant, pour une quinzaine, à la moitié de la rémunération mensuelle ;
  • aux salariés aux pièces dont l’exécution du travail dure plus de 15 jours, qui sont par ailleurs intégralement payés dans la quinzaine qui suit la livraison de l’ouvrage ;
  • aux VRP selon les commissions effectivement dues au titre du trimestre en cours.

Salariés exclus

Pour les travailleurs à domicile, les saisonniers, les intermittents et les travailleurs temporaires, il faut se référer aux accords collectifs et aux usages d’entreprise applicables. En l’absence de précision, l’employeur est libre d’accepter ou de refuser de verser un acompte entre deux payes.

Verser l’acompte

Paiement

Le montant de l’acompte ne peut pas excéder la rémunération acquise à la date de la demande.

L’acompte doit être payé par chèque ou virement dès lors que le montant total du salaire dépasse 1 500 € par mois.

En dessous de 1 500 € par mois, l’acompte peut être payé en espèces si le salarié le demande.

Compensation

Les acomptes sur salaire se compensent avec le salaire dans leur totalité : l’employeur se rembourse intégralement lors de l’échéance de paye correspondante.

Côté bulletin de paye

Cotisations

Au moment du versement de l’acompte, l’employeur ne retient pas les cotisations de sécurité sociale.

C’est à l’occasion du paiement du reliquat de salaire que les cotisations dues sur l’ensemble de la rémunération sont calculées.

Exemple

L’employeur établit le bulletin de paye d’un salarié payé 2 500 € bruts au 30 septembre, qui a perçu le 15 septembre un acompte de 1 100 €.

Il calcule les cotisations sociales à l’échéance normale de paye sur la totalité du salaire brut.

L’employeur retient ensuite l’acompte versé sur cette somme.

Le net à payer avant prélèvement à la source est donc diminué du montant de l’acompte.

Le PAS est calculé sur le net imposable sans déduction de l’acompte.

Mention expresse

La retenue effectuée au titre de la reprise de l’acompte doit figurer sur le bulletin de paye.

En cas de litige, l’employeur doit pouvoir prouver que l’acompte a bien été versé (par exemple au moyen d’un reçu signé du salarié), car la seule mention au bulletin ne vaut pas preuve de son versement.